Ce livre fondamental - qui reste un best-seller 50 ans après sa parution (ainsi, paraît-il, que le livre le plus volé dans les librairies après la Bible!) - n'est autre que:
'On the Road' de Jack Kerouac (1957, réédité en 2007, 300 pages)
Niveau minimum requis: B2+, voire C1
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)
La réédition de 2007 constitue en réalité une véritable nouvelle publication car il s'agit du 'Original Scroll', soit le long tapuscrit d'origine. Jack Kerouac disait lui-même que ce rouleau de feuillets collés les uns à la suite des autres ressemblait à la route qu'il a sans cesse empruntée de New York à San Francisco, en passant par le Mexique, dans une frénétique envie d'être 'On the Road'.
Cela implique que le texte est brut, sans ponctuation, sans paragraphe et, bien sûr, sans censure (les personnages apparaissent désormais sous leur vrai nom). C'est la version 'uncut'. Autant dire que la lecture n'est pas facile: les 300 pages s'enchaînent en un seul morceau, sans retour à la ligne. On ne reprend jamais son souffle, on suit Jack Kerouac dans toutes ses pérégrinations avec Neal Cassidy, son pote totalement déjanté mais si attachant.
Attention aussi au fond: ne vous attendez pas à suivre des histoires de jeunes gens aux cheveux longs fascinés par le mysticisme oriental... Ce sera vingt ans plus tard.
L'action se passe beaucoup plus tôt, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Jack Kerouac et son pote traversent le continent américain en long et en large, sans un sou, parfois en stop, le plus souvent au volant de vieilles guimbardes que Neal Cassidy malmène sans aucun scrupule. Ils font beaucoup de rencontres: des 'hoboes' (vous connaissez la chanson de Charlie Winston - thank you, MM;-), des 'Okies' (ouvriers agricoles itinérants de l'Oklahoma), des filles, beaucoup de filles! Tout ce petit monde n'a pas un penny, décroche de temps à autre des petits boulots pour survivre, vit dans des taudis, crève de faim, boit beaucoup, prend des substances... Mais l'atmosphère est celle d'une totale liberté, celle de suivre son envie du moment, de discuter des nuits entières sur le sens de la vie, d'essayer tout type de relation sexuelle, d'écrire de la poésie (on croise le poète mythique de la Beat Generation, Allen Ginsberg).
L'Amérique puritaine des années 40 et 50 n'est pas visible, c'est pourtant de son carcan que la jeunesse des années 60 voudra s'émanciper en s'inspirant de cet livre fondateur qui célèbre les grands espaces américains, l'amitié inconditionnelle et l'absolue liberté individuelle.