dimanche 17 octobre 2010

Connaissez-vous Eliza Doolittle?

Mon magazine féminin préféré m'apprend cette semaine qu'une jeune chanteuse britannique vaut vraiment le détour. Son nom: Eliza Doolittle. Mon sang ne fait qu'un tour(*), mais en bonne internaute, 'I immediately google her', et - what a surprise - le nom de cette petite insolente s'étale sur les cinq premières pages de la recherche!

What's so shocking? What's the big deal?

Eh bien, la VRAIE Eliza Doolittle, ce n'est pas elle DU TOUT!

Eliza Doolittle est l'héroïne de Bernard Shaw dans sa pièce de théâtre 'Pygmalion' publiée en 1916 et reprise en comédie musicale sous le titre de 'My Fair Lady' par A.J. Lerner en 1958.
Eliza est une petite vendeuse de fleurs à l'accent cockney bien marqué: elle n'aspire aucun 'h', et dit 'rain' comme 'Rhine'; à la sortie d'une soirée au théâtre, Mr Higgins, professeur de phonétique et de linguistique, fait le pari de faire passer Eliza Doolittle pour une duchesse après 6 mois de leçons de prononciation...

'My Fair Lady' par A.J. Lerner (1960 - 100 pages)
La pièce de B.Shaw est un peu difficile à lire (Niveau minimum requis: B2+); en revanche, le script de 'My Fair Lady' est très accessible (Niveau minimum requis: B1/B1+) et vous fera passer un très bon moment.
Autre très bon moment, avant ou après la lecture: calez-vous dans votre canapé un après-midi d'automne et régalez-vous avec le DVD de la comédie musicale: la divine Audrey Hepburn (Who else?) campe une Eliza Doolittle inoubliable, et Rex Harrison un Professor Higgins d'un cynisme éblouissant. Les chansons sont 'just great', elles vous resteront en mémoire longtemps.
Cliquez sur le titre de ce message pour voir l'affiche du spectacle.

(*) je milite pour rendre à César ce qui appartient à César, notamment depuis ce jour où, à la chorale du lycée, le chef de choeur nous fait écouter un extrait du Requiem de Mozart, et un élève s'écrie: 'Ah ouais, j'connais, c'est la musique de Cliffhanger!'...
Oh-my-god...




dimanche 10 octobre 2010

On lit quoi quand il pleut?

Well, well, well... Il me semble qu'on peut s'offrir un petit voyage virtuel down under, en Australie. C'est le printemps là-bas, c'est même déjà demain, vu que nous avons 8 heures de décalage (8 heures en moins en France). Il fait 34° aujourd'hui à Darwin... Donc si vous sentez le premier rhume arriver, rien ne vaut un peu de chaleur par procuration!

J'ai eu la chance d'aller en Australie 3 petites semaines et j'en ai rapporté, entre autres, le livre suivant:
'Sunburnt Country, Stories of Australian Life' de Elizabeth Joley, Sally Morgan et une vingtaine d'autres auteurs (1996 - 200 pages)
Niveau minimum requis: B1+
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

Il s'agit d'un recueil d'histoires souvent autobiographiques d'Australiens qui racontent leur arrivée sur le continent, leur enfance dans le bush, la découverte du monde du travail ou bien encore leur mariage, etc. Les auteurs sont majoritairement de la première moitié du XXème siècle, et leurs récits permettent au lecteur de découvrir cette Australie des grands espaces, où on apprend à vivre avec le minimum essentiel, expérience souvent fantasmée par les jeunes habitant ailleurs sur la planète. L'Australie reste une des destinations préférées des jeunes Britanniques ou Américains pour leur gap year.
Aussi, comme on dit en anglais, je vous souhaite 'Bon Voyage'!

D'autres lectures sur l'Australie? Voir mon message du 10 mars 2009 ('Et si on s'amusait un peu?)

mardi 28 septembre 2010

Lecture d'automne...

Difficile de trouver le temps de lire en cette rentrée quand même un peu plus morose et chaotique que les précédentes...

Aussi je vous propose de vous changer les idées en vous délectant d'écrits un peu subversifs et vraiment décapants:

'Holiday on Ice' de David Sedaris ( 1997 - 134 pages)

Niveau minimum requis: B2+ (très 2ème, voire 3ème dégré)
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

David Sedaris, c'est l'enfant terrible de l'Amérique dont il déboulonne lentement mais sûrement les mythes les plus fondateurs. Il le fait avec un cynisme souvent très très drôle, mais aussi parfois très très 'borderline'. Ce livre est un recueil de 6 nouvelles, dont ma préférée est la première: le narrateur - c'est lui, un jeune homme un peu naïf, sans relief, a priori sans talent, à qui il arrive des histoires ordinaires - raconte avec une distance hilarante le super job qu'il a décroché dans le plus grand magasin de New York: il est 'lutin du Père Noël' et c'est à ce titre qu'il devient l'observateur le plus caustique des familles américaines en pleine folie des achats de fin d'année.
C'est très amusant, et ça vous redonnera le moral: ouf! Nous sommes en septembre! Vive l'automne! Encore deux mois avant de retomber dans ce consumérisme idiot! (du moins en France - puisque mes antennes américaines me disent que tous les ans, dès le lendemain d'Halloween, toutes les décorations oranges des magasins virent en une nuit au rouge de Christmas!!! Business is business, and time is money).

Amusez-vous bien à lire cet auteur aux antipodes du politiquement correct. Mais je vous aurai prévenus: ça peut tourner au totalement sordide (un bébé meurt dans une machine à laver... David Sedaris n'a peur de rien!)

mercredi 25 août 2010

Lire un grand classique américain

'To Kill a Mockingbird' de Harper Lee (1960 - 309 pages)

Niveau minimum requis: B1 - convient parfaitement aux jeunes lecteurs
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

Ce roman est un classique parmi les classiques de la littérature américaine. D'ailleurs il est au programme de l'équivalent du collège partout aux Etats-Unis; les jeunes américains le découvrent en général vers 12-13 ans et l'étudient en classe, comme 'The Old Man and the Sea' de Ernest Hemingway ou encore des nouvelles de John Steinbeck (que je vais tester pour des jeunes lecteurs bientôt...).

Personnellement, je l'ai acheté en me disant 'IL FAUT que je le lise'; du coup, je l'ai commencé 7 ou 8 fois en l'abandonnant au bout de 3 pages... Je suppose que ça vous est déjà arrivé? Le sentiment d'échec n'est jamais bien loin (genre, petite parano: pourquoi moi je n'y arrive pas alors que tout le monde dit que c'est fantastique???)...
Et puis, finalement, l'air de la rentrée aidant - as in, 'and now, time for new resolutions'! - , je l'ai repris, cette fois-ci pour ne plus le lâcher.

Une semaine plus tard, je fais partie des fans! J'espère que ce sera bientôt votre cas si vous ne l'avez pas lu.
C'est une histoire très puissante. D'abord parce qu'elle nous est racontée à travers les yeux d'une petite fille blanche, un peu garçon manqué, qui habite dans une petite ville du sud des Etats-Unis (en Alabama) dans les années 1930. Nous suivons toute l'action grâce à elle et à ses commentaires d'enfant. Le ressort principal du livre, c'est que son père, qui est avocat, accepte de défendre un homme noir accusé d'avoir violé une femme blanche. On y découvre tout ce qui fait l'Amérique: la soif de justice, de démocratie, de tolérance face au racisme, à la bêtise, à la violence, le tout à la sauce sudiste... Pas étonnant que les profs d'anglais américains aient choisi ce livre depuis des lustres comme base pour leurs cours: c'est riche, très riche à analyser.

Tout est très facile à comprendre (même si j'ai toujours la même réserve sur les 3 premières pages!), et l'intrigue va de rebondissement en rebondissement. Les dialogues sont menés comme dans un film(*) et les personnages vous seront très vite familiers.
(*) en 1962, soit tout juste deux ans après la parution du roman, sortait une adaptation au cinéma avec Gregory Peck.

Quand vous aurez lu 'To Kill a Mockingbird', cliquez sur le titre de ce message: il vous enverra sur une émission spéciale de la BBC consacrée au 50ème anniversaire de la parution du roman.
A écouter en podcast.

A noter, Harper Lee, l'auteure de ce roman qui lui a valu le Pulitzer Prize, n'en n'a jamais écrit d'autre! Elle vit toujours en Alabama, où elle a eu 84 ans en avril dernier.