mardi 29 mars 2011

Quitter l'Irlande... A Never-Ending Story

Voilà un roman acclamé par la critique, et qui est également un 'succès de librairie'.

'Brooklyn' de Colm Toibin (2009 - 252 pages)
Niveau minimum requis: B1+
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

A l'heure où l'état critique de l'économie irlandaise replace l'émigration de sa jeunesse vers d'autres continents au premier rang de ses priorités, ce livre nous fait partager le départ d'une jeune Irlandaise pour l'Amérique des années 1950 et le quotidien de sa première année en tant que vendeuse dans un grand magasin de Brooklyn.

C'est un mélange du 'Bonheur des Dames' d'Emile Zola et de 'Dubliners' de James Joyce, sans toutefois en égaler la beauté de l'écriture.
'Brooklyn' est vraiment facile à comprendre notamment parce que Colm Toibin est très économe en matière de rebondissements (à l'opposé d'un Douglas Kennedy par exemple!).
À vrai dire, il ne se passe pas grand chose (I must confess: je me suis un peu ennuyée sur la première moitié du roman), mais le succès de ce livre tient peut-être justement à l'absence d'aventures rocambolesques et/ou tragiques que les romans traitant du même sujet ne manquent pas de nous infliger.
Le personnage principal, Eilis, reste en effet spectatrice de sa propre vie, largement aiguillée par son entourage.
Je suppose qu'assister à cette lente paralysie (la même que dans 'Dubliners') peut fasciner le lecteur et rendre 'Brooklyn' 'unforgettable', comme le proclame la couverture.

Si vous aimez les lectures sur l'Irlande, allez voir:
- mon message du 14 juin 2009 sur Brian Moore (Belfast au temps des 'Troubles')
- mon message du 16 décembre 2009 sur James Joyce (l'Irlande du début du XXème siècle) et Liam O'Flaherty (la 'Potato Famine' des années 1840)
- mon message du 05 juin 2010 sur Maeve Binchy (des histoires romanesques dans la campagne irlandaise)

Pour en savoir plus sur la reprise de l'émigration irlandaise en 2011, cliquez sur le titre de ce message.

vendredi 18 mars 2011

Meet the author!

Juste un mot pour signaler aux lecteurs parisiens que Jonathan Coe sera présent chez WH Smith (Rue de Rivoli) jeudi 24 mars 2011 à 19h00.
Lucky you if you can be there!

samedi 26 février 2011

Watch out: GOOD BOOK ahead!

Je viens de finir le dernier roman de Jonathan Coe et je peux déjà dire qu'il va rejoindre ma top list de ces dix dernières années!

'The Terrible Privacy of Maxwell Sim' de Jonathan Coe (2010 -339 pages)
Niveau minimum requis: B2
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

Voilà un roman 'English to the bone': il pleut, le narrateur est au bout du rouleau, il enchaîne mini et maxi échecs, mais on s'y attache parce qu'en bon Anglais il reste 'stiff upper lip' quoi qu'il lui arrive.
Maxwell Sim est aussi terriblement 2010: un smartphone dans la poche, un laptop qui lui permet de se connecter à Facebook (et ses 70 amis!) depuis n'importe quelle chambre d'hôtel, il sillonne la Grande-Bretagne à bord d'une voiture hybride avec un GPS à la voix suave qui l'aide à trouver son chemin de Londres à Edimbourg ...
Car c'est un personnage moderne - comprendre en réalité: très très seul - que nous suivons le long de ces 339 pages. Il nous apostrophe, nous interroge, mais sans qu'on puisse lui tendre a helping hand.

Jonathan Coe, fidèle à cette prose fuselée qu'on a pu apprécier dans ses livres précédents, écrit ici un roman vraiment remarquable, et ce, jusqu'à la toute dernière ligne (qui devrait comme moi vous laisser sans voix).

A déconseiller aux lecteurs trop jeunes - et aux lecteurs adultes trop déprimés!



jeudi 10 février 2011

Partons en vacances...

... en prenant le train. Mais pas le TGV: trop rapide! Trop moderne!

Je vous invite à monter à bord du mythique Orient Express. Nous quitterons Istanbul pour trois jours de voyage à travers l'Europe enneigée et à destination de Londres.

Simplement, un des passagers n'arrivera jamais en vie...

'Murder on the Orient Express' d'Agatha Christie (1934 - 348 pages)
Niveau minimum requis: B1(+) - convient parfaitement aux jeunes lecteurs
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

Voilà un roman parfait si vous avez peur de vous ennuyer en vacances! Et même si le meurtre est glauque à souhait, vous voyagerez en très bonne compagnie: une princesse russe, une jolie gouvernante, un colonel anglais, sans oublier Monsieur Hercule Poirot himself. On prend le thé, on se dit des amabilités, on dort dans des compartiments de première classe (genre Audrey Tautou and the beautiful stranger dans la superbe publicité pour Chanel N°5 !), jusqu'à ce que ce train mythique soit stoppé par une tempête de neige en Yougoslavie...
C'est très facile à lire, puisque tout est rapporté sous forme de dialogue (ce pourrait être d'ailleurs une pièce de théâtre (*) ) mais aussi parce que Hercule Poirot étant Belge (nobody's perfect!), il parle beaucoup français.
Comme toujours chez Agatha Christie, les personnages ne sont pas ceux que l'on croit, ce qui met quand même un peu de piment dans un si long voyage.

(*) La pièce de théâtre 'The Mousetrap' écrite par Agatha Christie détient un record de longévité: on la joue à Londres sans interruption depuis 1952! Je l'ai vue trois fois, avec des acteurs différents, mais la magie opère à chaque représentation. C'est le même genre de huis-clos que dans 'Murder on the Orient Express': il neige, les personnages se retrouvent bloqués au même endroit, et l'un d'entre eux a le mauvais goût de mourir assassiné...

Cliquez sur le titre du message pour aller sur le site officiel de la pièce.