lundi 19 décembre 2011

Bestseller, my foot!

Comme c'est la course aux cadeaux de dernière minute, j'en profite pour NE PAS vous recommander un roman qui caracole pourtant en tête des ventes ce mois-ci:

'Freedom' de Jonathan Franzen (2011 - 718 pages)

Voilà un roman qui a été porté aux nues par la presse... avant sa sortie. Jonathan Franzen a même fait la couverture de TIME Magazine!

J'ai lu ce livre en septembre, au coeur de la rentrée littéraire, bercée par les louanges les plus dithyrambiques sur cet ouvrage supposé nous livrer une grande fresque de l'Amérique sur trois générations...

Ben voilà, j'ai trouvé ça pas bon du tout! Les personnages sont creux, vains, d'un ordinaire consternant. L'intrigue revient à 'qui aime qui?' et 'qui couche avec qui'... Pas un pour sauver l'autre. Des parents nuls, des enfants sans coeur, des histoires d'amour qui ne rendent jamais qui que ce soit heureux...
In a nutshell, 718 pages très longues à finir, comme un mal nécessaire qu'il faut s'infliger... pour moi qui dévore les gros livres en temps normal... Weird!
Tout au long de cette lecture pénible, j'ai traqué l'epiphany, le moment où me serait révélé le génie de Franzen...
Euh, ben en fait RIEN, beaucoup de hype pour rien, à mon humble avis!

Il me semble quand même que pour des 'fresques de l'Amérique d'aujourd'hui', personne n'égale Tom Wolfe ou Jay Mc Inerney, voire même Bret Easton Ellis.

Si jamais Father Christmas vous l'apporte... eh bien lisez-le et dites-moi si nous sommes d'accord ou si j'ai loupé l'essence même de ce roman, ce qui n'est pas exclu!

mercredi 7 décembre 2011

Who's that boy?

En ce début de mois de décembre, je vous propose la lecture d'une belle histoire, à la fois empreinte de gravité et d'espoir:

'Refugee Boy" de Benjamin Zephaniah (2001 - 295 pages)
Niveau minimum requis: B1 (+) Peut convenir à un jeune lecteur
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)


'Refugee Boy' est un roman facile à lire, parfait pour une première expérience de lecture en anglais.
Je vous conseille de le lire avec une carte de Londres sous les yeux, histoire de suivre les aventures d'Alem, un jeune réfugié éthiopien hébergé dans l'East End par une famille ayant elle-même émigré et élu domicile en Angleterre, à une autre époque, et d'un autre pays.

Le roman porte un autre regard sur tous ces réfugiés dont il est question dans les journaux, essentiellement sous forme de statistiques. Les jeunes lecteurs ne manqueront pas de s'identifier au personnage central.

L'auteur, né à Birmingham de parents jamaïcains, est un chantre du multiculturalisme à l'anglaise. Connu surtout pour sa poésie, il est très apprécié du jeune public (12-16 ans) parce qu'il est 'cool': il a quitté l'école à 13 ans avec un sérieux problème de dyslexie et depuis son arrivée à Londres 9 ans plus tard il publie poèmes, romans et musique.
Cliquez sur le titre de ce message pour en savoir plus sur cet auteur pas comme les autres, qui s'identifie à la culture Rasta.

Vous pouvez aussi podcaster l'émission de radio suivante:
BBC Radio 4, Open Book with Benjamin Zephaniah.
Il y est interviewé par le talentueux animateur James Naughtie et répond aux questions de jeunes lecteurs. C'est vraiment très intéressant, et relativement facile à comprendre.
http://downloads.bbc.co.uk/podcasts/radio4/openbook/openbook_20110304-1124a.mp3


mercredi 23 novembre 2011

Donner l'envie de lire...

Petit message à caractère publicitaire (parfaitement assumé!) à l'attention de mes collègues professeurs de langue : un guide très pratique vient de paraître.

'Lire en langue étrangère', Collectif, CRDP de Bordeaux, 2011, 199 pages

Présentation du site du CRDP: "Voici un guide méthodologique pour favoriser la lecture en langue étrangère au collège comme au lycée. Des professeurs de langue* ont pris appui sur des stratégies éprouvées de formation du jeune lecteur en français pour créer les conditions de transfert de ses compétences de lecture de la langue maternelle à la langue étrangère. Onze modalités de lecture associent la pédagogie de la compréhension en langue vivante et l'approche actionnelle. Des exemples en allemand, anglais, espagnol, italien et portugais sont proposés dans l'ouvrage."

*Pour tout vous dire, j'ai eu la chance de participer à la rédaction de cet ouvrage... et en toute modestie, je le trouve très bon! Bon à savoir, je ne suis pas intéressée au volume des ventes, j'aurai fait un autre métier si j'avais voulu engranger des bénéfices;-)

Cliquez sur le titre du message pour accéder au site du CRDP de Bordeaux

lundi 31 octobre 2011

You're not a Scaredy Cat*, are you?

Cette belle soirée d'Halloween (All Hallowe'en/eve, la veille du jour des saints) me fournit une merveilleuse occasion pour vous recommander un livre d'histoires magnifiquement gothiques écrites par un écrivain très doué:

'Uncle Montague's Tales of Terror' de Chris Priestley (2007 - 243 pages)
Niveau minimum requis: B2
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

Le jeune narrateur rend visite à son oncle Montague, vieil excentrique qui habite une maison style Famille Addams, conteur et peut-être acteur d'histoires sombres, parfois sordides, qui m'ont beaucoup rappelé celles d'Edgar Allan Poe (je viens de m'apercevoir que le jeune garçon s'appelle justement Edgar!).

C'est très très anglais - l'auteur est très très anglais! - donc n'attendez pas la puissance de feu des écrivains américains ni la barbarie glacée des écrivains scandinaves, on navigue plutôt dans les eaux troubles de la campagne anglaise, de ses jardins habités de créatures diaboliques et de ses vieilles demeures à la fois presbytère où l'on prend le thé avec l'épouse du vicaire et maison hantée par l'esprit d'un jeune supplicié...

D'apparence simple, l'écriture est fouillée et peu évidente pour des jeunes lecteurs, bien que Chris Priestley soit considéré comme écrivain pour la jeunesse. Son avant-dernier livre, 'The Dead of Winter' a eu beaucoup de succès auprès des 12-15 ans en Angleterre. J'avais déjà parlé de lui dans mon message du 24 avril 2011, reprenant là les recommandations d'une collègue maître de conférence en littérature.

Cliquez sur le titre de ce message pour aller sur le blog de Chris Priestley.

* 'Scaredy Cat', c'est ce qu'on entend dans les cours de récréation en primaire, équivalent de 'poule mouillée' (les animaux changent mais c'est la même idée; on voit bien le chat au poil hérissé et les pattes hyper tendues, je ne sais pas en revanche pourquoi une poule mouillée est censée avoir peur de tout. Does anyone know?...).