jeudi 7 août 2014

J.K. Rowling aime le gore

Vous le savez sûrement déjà, JK Rowling écrit des romans policiers sous le doux nom de Robert Galbraith (voir mon message 'JK Rowling s'appelle Robert!).

Je viens de lire son deuxième roman sous ce nom, qui met en scène à nouveau le détective pas comme les autres nommé Cormoran Strike et son incroyable secrétaire...

'The Silkworm' de Robert Galbraith (2014 - 455 pages)

Niveau minimum requis: C1


(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)



Ce que j'ai aimé: ça se passe à Londres en novembre-décembre 2011, à un moment où l'Angleterre croule sous la neige et les intempéries arctiques. On prend beaucoup The Tube, on va se réfugier au pub ou déjeuner dans des restaurants chics (et hors de prix!) ou encore prendre un verre dans un gentlemen's club.
L'intrigue est, comme d'habitude avec J.K. Rowling, très bien menée: c'est l'histoire d'un meurtre dans le milieu de l'édition et des écrivains, monde qu'elle connaît par coeur. On s'aime, on se jalouse, on se déteste... Et on s'entre-tue.

MAIS on sent que Ms Rowling a bien l'intention de pousser ses lecteurs dans leurs retranchements: le meurtre est digne de la série TV la plus violente; ça a beau être d'inspiration littéraire, son côté absolument pervers et orgiaque a failli me faire arrêter le lecture plusieurs fois! (J'étais sur la plage, j'avais prévu une lecture moins .... challenging !).

You've been warned!

Mais je suis arrivée au bout, ravie d'avoir retrouvé le duo génial que forment le détective handicapé (il a perdu une jambe quand il était soldat en Afghanistan) et son adorable secrétaire (qui joue à merveille à l'apprenti-sorcier). 

mercredi 2 juillet 2014

Un autre 'modern classic' à lire!

Si vous êtes allés au lycée en France entre 1980 et aujourd'hui,vous avez sûrement étudié un extrait de ce très grand classique, qu'à ma grande honte, je viens de lire en entier pour la première fois:

'The Heart is a Lonely Hunter' de Carson McCullers (1940 - 312 pages)

Niveau minimum requis: B2
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)


Voici la photo la plus connue de son auteur - n'est-elle pas étonnante?:


Cette frêle jeune femme a écrit à l'âge de 23 ans un roman sur le sud des Etats-Unis qui la fait rivaliser avec les plus grands écrivains.
Son roman est une galerie de portraits de gens ordinaires dans une petite ville où se croisent ouvriers blancs, employés de maison noirs, deux sourds et muets, un patron de bar, un docteur noir, une adolescente garçon manqué qui aime la musique classique...

C'est très vivant, très réaliste et en même temps assez inclassable.

Comment une jeune femme blanche issue d'un milieu plutôt aisé a-t-elle pu écrire des portraits aussi intimistes et criants de vérité, c'est la question qui continue d'alimenter le mythe Carson McCullers.

J'ai passé un très bon moment (attention, le livre est long) et les personnages resteront longtemps avec moi.



mardi 17 juin 2014

Grand classique américain facile...

... et en même temps très très triste:

'A Lesson Before Dying', de Ernest J. Gaines (1993-256 pages)

Niveau minimum requis: B1+
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)


Facile à suivre (peu de rebondissements, peu de personnages), facile à comprendre (beaucoup de dialogues, chapitres courts, anglais assez simple), mais pas si facile à lire car l'histoire est celle d'un jeune homme noir condamné à mort pour un crime qu'il n'a pas commis dans le sud des Etats-Unis autour des années 1940.

Le roman, qui a connu un très grand succès, en particulier parce qu'il a été recommandé par Oprah Winfrey,  ne raconte pas du tout l'erreur judiciaire, les amis et la famille du condamné savent qu'ils ne peuvent rien faire. Les Noirs de  Louisiane sont encore en 1940 considérés comme d'anciens esclaves dont on peut disposer à sa guise.
Il raconte en fait les derniers mois de vie de ce jeune homme et les visites que lui rendent le  narrateur et sa famille dans sa cellule.

Evidemment, vous serez convaincus de l'absurdité insoutenable de la peine de mort. Mais il se dégage de ce livre une aventure humaine bouleversante qui interroge sur le sens de la vie, la foi, l'amour, et sur ce qui fait de nous des êtres différents des autres espèces vivant sur terre.

Un livre qui mérite vraiment d'être lu, aussi parce qu'il offre de multiples niveaux de lecture et d'analyse: on y découvre ce qu'être noir voulait dire en Louisiane en 1940, on peut voir un plaidoyer contre la peine capitale (l'arrivée de la chaise électrique dans la petite ville, magistralement décrite, fait froid dans le dos) ou encore une parabole sur la vie de Jésus. Riche tout en restant simple et accessible, bravo Mr. Gaines.

Vous n'aurez qu'un seul mot à chercher dans le dictionnaire: 'hog'....


samedi 31 mai 2014

Chère liberté d'expression

Je viens de terminer un très gros livre qui m'a tenue en haleine près d'un mois!

Un polar? Presque.
Une histoire d'amour? Presque.
Un témoignage sur l'art d'écrire? Presque.

'Joseph Anton' est tout ça à la fois!

'Joseph Anton', de Salman Rushdie (2012 - 633 pages!)

Niveau minimum requis: B2+, voire C1



(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)



Salman Rushdie, c'est mon big big love. Pas nécessairement l'homme, qui peut m'agacer, voire vraiment me déplaire, mais l'écrivain.
J'ai lu 'Midnight's Children', 'Shalimar The Clown', 'The Enchanteress of Florence', 'The Moor's Last Sigh'... Son écriture est magique, épicée, parfois tellement littéraire qu'on n'y comprend rien!
Voilà pourquoi je ne l'ai jamais recommandé dans ces pages; c'est tout simplement trop difficile pour les non-spécialistes de l'anglais.

Mais je ne résiste pas à vous signaler celui-là. 
Ce dernier opus est en fait de la non-fiction (hélas pour lui) car Salman Rushdie retrace dans 'Joseph Anton' les dix années de sa vie où il a dû vivre caché sous protection policière parce qu'un ayatollah iranien a déclaré son roman 'The Satanic Verses' blasphématoire, appelant par le biais d'une fatwa à sa mise à mort, rien de moins.

Sous-titré 'A Memoir', 'Joseph Anton' nous permet d'entrer dans l'intimité d'un des plus grands écrivains de langue anglaise contemporains. On y découvre sa famille d'origine indienne, ses habitudes d'écrivain, ses amis tous plus ou moins connus. On assiste aussi à la lente dégradation de sa vie quotidienne, au gré des refus de Scotland Yard pour toute sortie à l'extérieur des différents bunkers où la menace de mort iranienne l'obligeait à se terrer. Il a continué d'écrire et de publier, a eu un autre enfant, s'est marié, a divorcé...

C'est un récit absolument captivant qui m'a personnellement permis de mesurer pour la première fois à quel point la liberté d'expression est un droit fondamental d'une fragilité inouïe.