dimanche 24 juin 2012

"A friend in need is a friend indeed.""

Si vous avez besoin d'un 'feel-good book' en ce début d'été, voilà le livre qu'il vous faut:

'The Help' de Kathryn Stockett (2009 - 451 pages)

Niveau minimum requis: B2
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)

La couverture de l'édition de poche que je viens de lire dit qu'il s'agit du pendant de 'Gone with the wind'. On est en effet dans le sud des Etats-Unis au début des années 60 et le roman se focalise sur les rapports compliqués entre les jeunes femmes de la bonne société (blanches, of course) et leurs bonnes (vous avez deviné leur couleur de peau).
Or c'est tout sauf un livre simpliste (pas uniquement de méchantes maîtresses de maison contre leurs malheureuses domestiques qu'elles traitent comme des esclaves).
On a au contraire une peinture très réaliste de cette partie de la société américaine qui ne s'est pas remise d'avoir perdu la Guerre de Sécession et qui pratique sans scrupule aucun la ségrégation raciale. On a beau être en plein Civil Rights Movement mené par le chrismatique Martin Luther King, on ne le voit qu'en arrière-plan car on se trouve plongé dans le quotidien de cette drôle de société.

'The Help' est d'ailleurs LE best-seller de 2011, récompensé par de nombreux prix de lecteurs.
Pourquoi?
- on s'attache aux personnages dès la deuxième page
- l'histoire est racontée au présent par trois narratrices différentes
- l'intrigue est très bien ficelée, une vraie tension est maintenue jusqu'à la dernière page
- il n'y a aucune longueur, les chapitres sont courts et on a du mal à poser le livre (it's unputdownable!)

La difficulté majeure c'est que l'auteur a choisi de reproduire la façon de parler des noires américaines, ce qui nécessite un déchiffrage supplémentaire pour un lecteur non anglophone. Par exemple, une des bonnes dit sans arrêt 'Law' pour 'Lord' et 'a' pour 'of' ou 'to'. C'est pour cela que j'indique le niveau B2.

L'autre petite réserve c'est que c'est une histoire de filles, les personnages masculins restent dans l'arrière-plan, comme des figurants. Ma fibre féministe n'y voit aucun inconvénient, mais il me semble légitime de prévenir les éventuels lecteurs qui risquent trouver l'intrigue trop ménagère de moins de cinquante ans!

jeudi 31 mai 2012

God save the Queen!

Voilà voilà, après-demain démarre au Royaume de Sa Très Gracieuse Majesté les célébrations du Diamond Jubilee.
60 ans que Queen Elizabeth II règne sur les Britanniques et les habitants des pays du Commonwealth.
A Londres tout est prêt:  des Union Jacks absolument partout,  les magasins de souvenirs avec tout ce qu'il y a de plus kitsch, les musées qui exposent photos et portraits* et le parvis de Buckingham Palace qui va se transformer en salle de concert de plein air!

C'est donc le moment de lire un petit quelque chose sur cette femme étonnante, même si vous n'êtes pas aussi fan que moi!

'The Queen and I' de Sue Townsend (1992-300 pages)

Niveau minimum requis: B1+
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)


C'est un roman très cocasse qui met en scène toute la famille royale privée de ses privilèges parce qu'un gouvernement républicain a été élu. Ils vont avoir droit à une HLM, la reine-mère aura même des repas à domicile, vu son grand âge. On s'amuse bien (au moins, le lecteur! - the Queen is NOT amused!) et c'est assez facile à lire, même si l'humour reste très très anglais.

Je viens de m'apercevoir que ce gentil pamphlet a été publié en 1992.. Annus Horribilis, selon les propos de la reine elle-même: cette année-là, tous ses enfants ont divorcé et Windsor Castle a brûlé!


Je peux aussi vous signaler un autre livre vraiment très drôle, mais hélas difficile à comprendre:

'The Uncommon Reader' de Alan Bennett (2007-121 pages)

Niveau minimum requis: C1
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)


Petit bijou écrit par l'un des plus fameux dramaturges anglais, il met en scène la reine qui se découvre par hasard une passion pour la lecture,  au point de ne plus être disponible pour toutes les tâches qui lui incombent (elle cache son livre du moment dans le carrosse pour y revenir asap (as soon as possible)!)


* cliquez sur ce lien:
60 years in 60 photos

dimanche 20 mai 2012

His Name is Boyd, William Boyd.

Peut-être l'avez-vous lu dans la presse: le prochain 'James Bond' sera écrit par William Boyd, ainsi en ont décidé les héritiers de Ian Fleming, créateur de l'espion 007 au service de Sa Majesté.

Quel choix éclairé! William Boyd, maintes fois cité et recommandé sur ce blog*, vient à nouveau de publier un très bon roman d'action, avec rebondissements imprévisibles et  personnages bien campés:

'Waiting for Sunrise' de William Boyd (2012 - 353 pages)

Niveau minimum requis: B2
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)


L'intrigue se déroule dans les années 1910, période que William Boyd affectionne particulièrement, en Autriche, en France et en Angleterre. Comme dans 'Ordinary Thunderstorms',  son personnage principal est un jeune homme avec lequel on sympathise très vite. Atteint d'un trouble sexuel peu ordinaire, il va chercher  remède auprès des premiers adeptes de Sigmund Freud, d'où son choix pour Vienne. On suit une narration alertement menée à la troisième personne, ponctuée par de courts chapitres censés reproduire le recueil des pensées intimes de ce jeune homme habilement prénommé Lysander**.  Très vite il va se passer beaucoup d'autres choses, plus ou moins mêlées à la Grande Guerre, ce qui confirme le talent de William Boyd à écrire un bon roman d'espionnage.
Divisé en quatre parties, le livre se lit très vite tant les chapitres sont courts. Je l'affiche au niveau B2 malgré tout car, en dépit d'une apparente simplicité, la prose de William Boyd est ciselée comme de la dentelle.
Divertissant, amusant, bien écrit. Quel talent!

*voir mon message 'Great Minds think alike' du 31 juillet 2011 et surtout 'Chasse à l'homme à Londres' du 24 juin 2010.
** 'Lysander' est un personnage de Shakespeare qui tombe sans cesse amoureux dans 'Le Songe d'une Nuit d'Été' et qui finit par aimer la 'bonne' personne grâce à l'application sur ses paupières d'un élixir d'amour par le bouffon du Roi des Fées... 

mardi 24 avril 2012

Dystopiamania...



Puisqu'il fait un temps vraiment démoralisant, je vous propose un tour du côté des dystopias les plus connues, histoire de se convaincre que 'it could be worse!'.
Il s'agit en général d'une fiction qui se passe dans un avenir assez lointain et qui décrit une société entièrement contrôlée pour - a priori - garantir le bonheur de tous ses membres...
Mais l'utopie s'avère souvent être plus proche d'un calvaire, d'où l'invention anglaise du mot 'dystopia', le contraire de 'utopia'.

Je vous recommande deux romans selon votre niveau de lecture, et votre âge:

First things first, la référence en la matière c'est l'inégalable '1984' de George Orwell, que tout le monde devrait lire - et en anglais!

'1984' de George Orwell (1949 - 330 pages)
Niveau minimum requis: B2
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)

On ne le présente plus, c'est la base de toutes les dystopies écrites par la suite. George Orwell a écrit ce roman juste après la Seconde Guerre Mondiale et a inversé les deux derniers chiffres pour imaginer ce que pourrait devenir notre société.
C'est lui qui a inventé 'Big Brother', le visage moustachu qui vous surveille de son écran où que vous soyez. Dans cette société, même vos pensées sont passées au crible par 'The Thought Police'. Se rebeller est un acte de folie. Le roman est cruel, et finalement très déprimant.
MAIS rien n'en remplace la lecture, surtout pour mettre en perspective ce parangon de  dictature où chacun est épié, chaque geste surveillé par 'Big Brother'  et notre société d'aujourd'hui, où tous nos mouvements peuvent être également 'tracked down', en particulier sur internet, ou grâce à nos smartphones, etc. 

Le deuxième, très inspiré du premier, est écrit par une Américaine connue pour son talent à écrire pour la jeunesse:

'The Giver' de Lois Lowry (1993 - 200 pages)
Niveau minimum requis: B1 (première partie) puis B1+ (deuxième partie)
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 2009 de ce blog)


La première partie est idyllique: dans la communauté où vit Jonas, bientôt 12 ans, tout a été pensé pour éviter à ses membres la moindre souffrance. Tout est choisi pour eux: leur famille, leurs noms, leurs métiers et même leurs repas. Tous se déplacent en vélo et cette société ne connaît pas le manque, la pluie, la violence... 

La deuxième partie montre la face cachée de l'utopie... mais pas de 'spoilers', je n'en dis pas plus, vous devez lire la suite! 

À noter, ce roman est polémique:
On the one hand,  il est culte auprès de millions de jeunes lecteurs. Il est aussi étudié à l'école aux Etats-Unis comme une première sensibilisation à la dystopie, regorgeant de 'food for thought' selon beaucoup de professeurs. 
On the other hand, il est aussi très controversé, toujours aux Etats-Unis, et est même interdit dans certaines écoles parce qu'il touche à des sujets hyper sensibles comme l'avortement, l'euthanasie, etc.

Voir aussi mon message du 24/01/12 'Avoir 15 ans en 2010' et les commentaires suivant celui du 26/02/11 'Watch out: Good Book ahead!'.