jeudi 22 février 2018

Mandela, again and again

Si vous avez parcouru les pages de ce blog, vous avez pu vous rendre compte de ma passion sans borne pour Nelson Mandela et son pays, l'Afrique du Sud. 

Je vous recommande la lecture du témoignage d'un homme qui l'a connu de très près, puisqu'il s'agit de son gardien de prison! 

"Doing Life with Mandela", de Christo Brand (2014 - 270 pages)
Niveau minimum requis: B1+/B2
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

C'est un livre assez facile à lire pour un non-spécialiste car Christo Brand n'est pas anglophone; il est Afrikaner, cette minorité blanche d'origine hollandaise, française ou allemande qui a mis en place le système terrible de l'apartheid. Du coup, son anglais est assez basique. La seule difficulté c'est peut-être de comprendre le contexte historique mais c'est tout sauf un livre d'histoire. Il s'agit plutôt du récit d'une amitié qui n'aurait jamais dû exister entre deux êtres que le système avait envisagés comme irréductibles ennemis. C'est le contraire qui est arrivé.

Car Christo Brand raconte comment, quand il a eu son premier poste de gardien de prison à Robben Island, il s'attendait à rencontrer un dangereux terroriste (il avait 19 ans). Il s'est en fait lié d'amitié avec Nelson Mandela et l'a suivi jusqu'à sa libération en 1990. C'est un livre hyper émouvant, parfois amusant car Mandela pouvait être très facétieux même privé de liberté pendant 27 ans de sa vie.

Prévoyez la boîte de kleenex à côté de vous, c'est impossible de ne pas partager l'émotion de l'auteur en lisant son livre. Comme avec le récit de Zelda La Grange, on accède à un Nelson Mandela intime, c'est bouleversant.

Chimamanda forever

Après de longs mois sans message (I am so sorry, je travaille trop et - cela paraîtra peut-être contradictoire - je ne lis presque que des pavés depuis septembre dernier) une suggestion de lecture d'une auteure très très en vue ces temps-ci: mon héroïne Chimamanda Ngozi Adichie. J'ai déjà recommandé un des ses bouquins (voir mon message du 13/04/16). Je l'adore! Elle a toutes les qualités: super intelligente, très belle et hyper lucide sur le monde d'aujourd'hui.
(Je suis aussi fan de ses magnifiques robes en wax!).

Vous pouvez lire son 'manifesto' qui a donné lieu à une multitude de conférences et d'interviews:

"Dear Ijeawele, or A Feminist Manifesto in Fifteen Suggestions", Chimamanda Ngosi Adichie  (60 pages - 2017)

Niveau minimum requis: B1+/B2
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

Chimamanda écrit à une amie qui vient d'avoir une fille et qui lui demande comment l'éduquer en faisant d'elle une féministe. Ce court livre est sa réponse.

C'est très bien écrit, c'est souvent très drôle et toujours pragmatique: les "do's and don'ts". Régalez-vous; c'est bien plus intéressant et nettement moins cher que le T-Shirt arborant le slogan de Ms Adichie "We Should All be Feminists" vendus par Dior une petit fortune (pour un T-Shirt?!?).


mercredi 9 août 2017

BBF! Best Book Forever!

Je viens de dévorer un super roman:

"The Usual Rules"de Joyce Maynard (2003 - 382 pages)

Niveau minimum requis: B2 (à cause de sa longueur)
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)


C'est l'histoire d'une adolescente qui perd sa mère dans les attentats du 11 septembre 2001. Même si le sujet semble hélas désormais classique, ce roman-là est captivant pour autre chose: cette jeune fille, c'est vous, c'est moi. Elle est confrontée à une peine incommensurable mais aussi aux défis de la vie d'après, dans une famille recomposée et avec les questions que l'on se pose à 13 ans.  On la suit entre la Côte Est et la Côte Ouest des Etats-Unis et on plonge avec elle dans l'Amérique post-9/11.

Les personnages sont tous incroyablement attachants, car complexes mais assez résilients. Les dialogues sont vivants, on ne s'ennuie pas une minute, et - c'est un bon signe - on regrette de les quitter lorsqu'on tourne la dernière page.

Qu'on soit adolescent, parent, adulte sans enfant, ce livre sonne juste et résonnera dans votre mémoire pour longtemps.

Son auteure, Joyce Maynard, est aussi connue pour avoir tout abandonné à l'âge de 19 ans pour vivre avec son écrivain préféré, J.D. Salinger, âgé de 50 ans à l'époque, et auteur du mythique "Catcher in the Rye". Mais j'en dirais plus dans un autre article... bientôt.

jeudi 3 août 2017

Lecture d'été #4

Voici un livre assez facile à lire mais dont l'intrigue et la publication sont troublantes:

"Go Set a Watchman" de Harper LEE (2015 - 278 pages)
Niveau minimum requis: B1+/B2
(pour déterminer votre niveau de lecture, reportez-vous aux pages de juin 09 de ce blog)

L'auteure est un monument de la littérature américaine: celui qu'on pensait être son unique roman "To Kill a Mockingbird" a été le livre le plus étudié dans les classes de US high schools. Pourtant auréolée de prix, Harper Lee se retirera du monde et continuera à vivre dans le sud des Etats-Unis jusqu'à sa mort... en 2016. Soit quelques mois après la publication de ce 'deuxième' roman.

Car la publication de ce roman fait débat: écrit dans les années cinquante, il n'a été publié qu'en 2015 par l'avocate de l'écrivaine, quelques mois avant sa mort, à la stupéfaction générale.

L'intrigue a provoqué un séisme: les personnages principaux ont vingt ans de plus que dans "To Kill a Mockingbird" mais ce second roman n'en est pas la suite. Au contraire, de plus en plus d'experts disent qu'il s'agit de la première version du chef d'œuvre. Or ce qui atterre bien des lecteurs - idem pour moi - c'est que le personnage du père, Atticus Finch, s'avère bien moins héroïque qu'il n'apparaît dans l'autre roman (voir mon message sur ce livre fondateur) et que sa fille, jeune adulte qui a quitté son Alabama natale pour New York, ne reconnaît plus le père droit, juste, déterminé à faire de son métier d'avocat un moyen de redresser ça et là les injustices faites à la population noire.

Pour qui a adoré le 'premier' roman (publié dans les années 1960), ce 'second' roman s'avère déroutant et même peut-être décevant. Harper Lee l'avait-elle senti pour ne pas décider de le publier en son heure?